Il y a eu une époque où j'ai détesté Noël.
J'étais seul. C'était l'époque où je ne voyais mes enfants qu'un week-end sur deux et où beaucoup de mes connaissances avaient pris le large.
J'étais isolé: pas de voiture, aucun proche près de chez moi. Obligé de rester là pour les enfants.
Je n'avais pas de sous. Je ne pouvais rien payer aux autres, même pas à mes enfants. Et quand on ne peut pas faire comme les autres, les autres
nous le reprochent, et, finalement, ils nous évitent et nous aussi. L'incompréhension s'installe. On est exclu. Et bonjour les réflexions.
Je devais subir la totale incompréhension de certains membres de ma famille qui ne voyaient pas que mon chemin ne pouvait pas être identique au
leur. Ils ne voyaient pas que la réussite, pour moi, ne se mesurait pas à la somme des prix des biens matériels acquis. Posséder une maison ou une belle voiture ne me semble pas être un signe
évident que l'on a réussi sa vie. Ni sa carrière professionnelle d'ailleurs. Sans parler de la vie intime. Les réunions de famille étaient alors très pénibles pour moi, émaillées sans cesse de
réflexions à mon endroit sur ma manière de conduire ma vie.
Je me sentais anormal, en décalage, je culpabilisais, j'étais mal à l'aise.
Et puis le côté 'magique' de Noël avait fini par m'écoeurer. Tous ces artifices inventés pour satisfaire le besoin de rêve des
consommateurs-automates me rendaient misanthrope.
Et puis ces orgies indécentes au moment de l'hiver... quelle bassesse.
Aujourd'hui, Noël, c'est l'occasion de me retrouver avec ceux que j'aime. Simplement. Les autres font ce qu'ils veulent, pensent ce qu'il veulent. Ca
m'est égal.
Par Pierre de Meaux
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Publié dans : pierre-de-meaux
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