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Lundi 4 juin 2007
Ils sont rapides, ces gens du nouveau gouvernement.

Voilà le projet de loi sur les peines-planchers devant le conseil d'Etat et s'il passe l'examen, il sera adopté par le parlement pendant les vacances.

Des peines-planchers. Voilà la solution au problème de la délinquance. Que n'y a-t-on pensé plus tôt? Il suffit de renforcer les peines encourues en cas de délit ou de crime pour dissuader leurs auteurs de les commettre. Ben voyons. Pendant des siècles, on a été d'une sévérité parfois inhumaine avec les délinquants de tout poil. Cela a-t-il permis de faire disparaître le phénomène? Non, bien sûr. Celui qui commet un délit obéit à une logique qui lui est propre et contre laquelle il ne peut souvent rien lui-même. On doit, certes, faire tout pour renverser ces logiques mais on n'y parviendra pas en augmentant la durée des peines encourues. On n'y parviendra que par l'écoute et le dialogue, la patience et la confiance.

Les peines vont devenir de surcroit automatiques pour les récidivistes en attendant qu'elles le deviennent pour tout le monde et pour tous les actes contraires à la loi. On ne s'embêtera plus avec les circonstances qui entourent ces actes. La justice obéira à une loi simple: telle somme volée = telle peine de prison; tel coup de poing donné = telle autre peine de prison. Et pourquoi pas revenir à la loi du talion? Oeil pour oeil, dent pour dent. C'est exactement cela que la droite veut.

Où se situera le gain pour la société? Dans les économies faites dans la gestion de la justice. Avec un tel système, on aura besoin de beaucoup moins de juges, de greffiers, etc... A la grande rigueur, on pourra les remplacer par des machines: il suffira d'entrer les informations nécessaires, le type d'infraction, la quantité volée ou le nombre de coups donnés, le nombre éventuel de jours d'hospitalisation de la victime, le coup des réparations, etc ... et la machine donnera automatiquement la peine à effectuer. Pourquoi s'embarrasser de discussions inutiles? 

Et puis les juges devront motiver leur décision de remettre une personne en liberté. C'est à dire que la règle sera de mettre un récidiviste en prison, la décision de le laisser en liberté une exception que le juge devra expressément justifier, alors qu'aujourd'hui, le juge doit motiver ses décisions de priver une personne de liberté.

La prison n'est pas la solution. On est toujours dans la logique qui veut que tout acte contraire à la loi ou aux règles de la vie en société soit automatiquement
puni. On punit, puis on réfléchit après au lieu de se poser des questions sur les motivations d'un tel acte. Il ne faut pas oubier que de nombreux actes considérés autrefois comme punissables ne le sont plus aujourd'hui et sont traités de manière différente ou sont considérés comme des actes normaux.
Par Pierre de Meaux - Publié dans : pierre-de-meaux
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